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[TEST] Prototype
Les aventures d'Alex Mercer sont disponibles depuis quelques temps dans les bacs. Consoles.net s'est procuré une version finale du titre et vous propose le verdict concernant ce nouveau soft dans le genre très répandu des simulations de super-héros...


Le voici donc, Alex Mercer, le nouveau Bad Boy made in Radical Entertainment. Le Prototype, celui qui impressionne par l'ambition de son développement et les promesses offertes. Celui qui fait passer Spiderman, Hulk et le héros de Crackdown réunis pour une bande de majorette en vadrouille. Galette insérée dans la console, pad en main, bloc-note et canettes sur la table, votre serviteur est bien décidé à l'essorer jusqu'au bout, quitte à avoir les yeux qui flambent et le cerveau en ébullition. La télé s'allume, le disque tourne et un écran rouge, rouge comme le sang s'affiche. Bienvenue à Manhattan!
Infos du jeu

Console de test: XBOX 360
Difficulté de test: Normal
Version: Final
Editeur: Activision
Développeur:Radical Entertainment
Tarif conseillé: 69,99 €
Sortie: 12 juin 2009









Bienvenue à Manhattan!




Le menu principal du jeu se déroule devant moi. Première constatation: il est laid. Après avoir pesé ce mot pendant près d'une quinzaine de minute avant de le coucher sur le papier, c'est la seule appréciation possible. A dominante rouge épurée, il est d'un classicisme rudimentaire qui tranche avec les interfaces actuelles. Même son animation ne semble pas au top, un détail me dirais-vous, mais la première impression est très importante dans l'appréciation d'un titre. Une vitrine complètement foirée en quelques sortes, que le client que je suis à beaucoup de mal à passer. Une vive pression sur le bouton de la manette me permet de repousser cette vision, et la vidéo d'introduction fait son show. Une cinématique en image de synthèse qui met en scène Alex Mercer le héros ainsi qu'une myriade de Black Watch, des militaires spécialisés dans le règlement de conflits biologiques. Le ton est donné: sombre, violent, gore, l'hémoglobine gicle et la puissance du Bad Boy crève littéralement l'écran. Quelques minutes plus tard, on retrouve Alex jouable, en pleine possession de ces moyens, dans New-York ravagée par une infection virale.


Mort, morgue, morbide...


Une mise en bouche ponctuée par des didacticiels permettant d'appréhender la variété de coups offerte par le héros, pour mieux nous les retirer un peu plus tard. Le concept d'amnésie a particulièrement le vent en poupe en ce moment, et Prototype n'échappe pas à l'effet de mode. Un entretien au sommet d'un immeuble plus tard, Mercer se réveille 18 jours plus tôt, prêt à être disséqué sur la table d'un médecin légiste, mémoire en compote et doué de capacités hors du commun. L'infection vient à peine de débuter.


Manhattan, me voilà!





Beautiful, or not beautiful? That's the question!




Il est temps d'aborder l'un des sujets les plus plus épineux du soft: la qualité graphique. Après un menu peu inspiré et réellement décevant, on est en droit d'attendre une partition sans faute pour la suite. Et pourtant, les géniteurs de Hulk : Ultimate Destruction peinent à convaincre. De prime abord, des textures baveuses, fadasses, avec une modélisation grossière de la ville voir même des personnages entachent fortement l'expérience de jeu. Big Apple donne l'impression d'être un puzzle constitué des mêmes éléments, malgré quelques bâtiments originaux comme le Chrysler Building par exemple. Néanmoins, je me dois de nuancer ce jugement, car après quelques minutes à gambader joyeusement sur l'île, on est frappé par la fluidité du moteur graphique qui est très rarement prise à défaut, même dans les scènes d'actions les plus soutenues. De plus, quand Alex tue et mutile à tour de bras, assailli par des hélicoptères, des chars, des Molosses, avec des explosions, des gravas, de la fumée et du sang partout, une foule en panique, on ne peut qu'être fortement impressionné par le spectacle. De manière générale, les effets spéciaux sont de bonne factures, ainsi que les animations du héros, des différents protagonistes ou la réalisation des Cataclysmes. Un bilan mitigé qui s'estompe avec les heures de jeu. On n'y prête plus vraiment attention quand le héros commence à sauter plus haut que des immeubles ou produit des ondes de chocs capable de soulever un char.


Prototype graphique?





Design moi un camion!




Le level design est un élément important dans un jeu vidéo: c'est le détail qui le différencie dès le premier coup d'œil des autres productions. Il s'agit de la signature artistique d'une nouvelle licence par exemple. Si les véhicules ou les immeubles ne se trouve pas défigurés, époque contemporaine oblige, le soin apporté à Alex ou à certaines créatures fait plaisir à voir. Le contexte de mutation biologique à permis aux créateurs de débrider leurs imaginations et le résultat est convaincant en terme d'audace et de continuité. Les transformations de Mercer sont toutes accompagnés d'une vague de fibres humaines lui enveloppant le corps, dans un panel de couleurs allant de l'ébène au rouge sang. Ces évolutions sont la vraie signature de Prototype. Dans ces conditions, difficile de blâmer le pauvre Alex de ne pas pouvoir mettre son T-shirt dans le pantalon...Le bestiaire ne reste toutefois pas en reste. les Molosses sont comparable à ce que donnerait le croisement entre un zombie, un chien et un humain tout à la fois. Lisse et visqueux, costaud et rageux, le bestiau n'a aucun problème pour talonner le héros, même si ce dernier peut planer comme une hirondelle. Un accrochage en plein vol avec une voiture est le signe de la présence d'un Hydre. Ces grands vers de terre (bien plus grand que ceux du jardin de mamie) ont la faculté de se déplacer sous terre et de propulser tout objet à sa portée. La DCA de l'infection.


Deux exemples du bestiaire: le Molosse et l'Hydre





Le savoir doit être Assimilé.




Si Alex Mercer se réveille dans une morgue, c'est parce qu'il devrait en théorie faire partie du monde des trépassés. Or, il se réveille, amnésique, certes, mais capable de sauter au-dessus d'un grillage de trois mètres et de planer au-dessus d'une rue. Un échantillon de ces pouvoirs complété par une force herculéenne, une insensibilité à la gravité et la capacité de faire du jogging sur des façades de building. Vous vous prendrez sans doute à gravir plusieurs fois le même immeuble pour se précipiter coude en avant vers le sol, sans un chouïa de santé en moins. Autre caractéristique: Alex peut modifier sa structure musculaire et osseuse à volonté pour générer des armes offensives, comme des griffes, un fouet ou une lame, ou des armes défensives (bouclier, armure...).


Artworks des armes de Mercer


Chacune étant bien évidemment accompagné d'une louche de combo propres et diversifiant les phases de combats. Ces pouvoirs ne sortent pas du néant et amène à une vraie progression du personnage. Elle se fait par l'acquisition de Points d'Expériences, récoltable en jouant au boucher dans les rues, en détruisant des bases militaires, des nids d'infection, ou encore en accomplissant des objectifs secondaires. Variés, ils permettent d'allonger la durée de vie du jeu et peuvent par exemple vous permettre de participer à une bataille à coté d'une des factions, à crapahuter sur les toits pour une course chronométrée ou à trucider le plus d'ennemi possible avec un type d'arme ou de pouvoir précis. Quelque unes sont accessible en usant du pouvoir d'assimilation d'Alex, qui trucide sa proie et absorbe pèle-mêle son ADN, sa forme physique et ses souvenirs.









Mercer...narise




L'assimilation est le point névralgique de la construction scénaristique du titre. En s'appropriant les souvenirs des autres, le capuchonné identifie de nouvelles cibles impliqués dans le complot et reconstruit donc l'histoire du drame pour assouvir sa vengeance. Mercer n'apprécie pas sa nouvelle condition et veut le faire payer. Certaines de ces cibles ne seront accessible uniquement que dans l'histoire principale. D'autres seront signalés par un point rouge sur la carte en passant près d'eux lors de l'exploration libre. Une méthode rafraichissante de narration qui constitue l'une des plus franches réussites de Prototype. L'assimilation présente d'autres intérêts: se faire passer pour le plus banal quidam du coin, ingérer un pilote d'hélicoptère vous permettra de piloter ces engins, alors qu'éclater le faciès d'un gradé sur le bitume vous ouvrira en grand les portes d'une base militaire. Vous pourrez également dénoncer un collègue si vous êtes transformés en soldat pour détourner l'attention de vous.


C'est comme l'alcool: d'abord on frappe...on trinque...

...puis on boit!


En fait, la discrétion est une qualité, mais n'est pas forcément nécessaire. Ainsi, même si les bataillons les plus féroces du gouvernement sont à vos trousses tout au long du jeu et que vous êtes le fugitif le plus recherché des USA, personne ne s'inquiétera outre mesure de voir tomber quelqu'un du 500ème étage d'un immeuble, tant qu'aucune agressivité (c'est à dire l'appui d'une touche d'action pour faire une frappe au sol) n'est présente. Un hélico trouvera tout à fait normal de croiser une mamie d'un certain âge entrain de planer tranquillement entre les corbeaux et les fumées d'incendie. Pire, si vous êtes gradés (et même si vous ne l'êtes pas) vous pouvez pousser des soldats comme un bloc de pierre sur fond de "Oui, chef!", "A vos ordre, chef!". Une situation désopilante qui met en exergue quelques incohérences liées à l'intelligence artificielle.




GTA-Type




La foule réagit à vos actions, comme chaque soft récent se déroulant en milieu urbain et proposant un environnement ouvert. Bousculer les passants fait naitre des cris d'indignations. Tailler dans le vif crée une panique indescriptible : ça pinaille, ça gesticule, ça court, ça fuit, les voitures accélèrent et renversent les brebis égarées et certains préviennent les forces de l'ordre.
En sus de ces pouvoirs, Alex peut employé les armes que tiennent les militaires lors de l'assimilation et celles perdues sur le champ de bataille. Disons le franco: l'intérêt est limité, tout simplement car les armes morphologiques sont généralement tout aussi efficaces et non bridées en longévité par des munitions. Fusil d'assaut, lance grenade et lance roquette font partie de l'arsenal. A l'inverse, il peut également détourner des véhicules militaires, comme des transports de troupes blindés, des chars ou des hélicoptères.


Hep, Taxi? Gare Montparnasse s'il vous plaît!


Un choix judicieux qui peut faire basculer la bataille à votre avantage car vous profiterez alors de la couverture de l'engin ainsi que de sa puissance de feu.
Si vous pensez préserver des vies innocentes, c'est loupé. Aucune importance, le jeu ne gère pas le carma, ce n'est pas dans la philosophie de la licence. Il est vrai que le gameplay se prête agréablement à de la destruction massive, avec une certaine inspiration des Beat'hem all. Une pression sur Y lancera l'attaque spéciale de l'arme, et X les coups basiques. C'est en combinant ces deux touches que vous pourrez générer des combots différents se terminant parfois par des coups à effet de zone. Actionner la touche B et la forme athlétique d'Alex vous permettra de saisir des voitures, des bus ou des abris(bus) afin de les précipiter avec force et conviction sur des cibles un minimum trop audacieuse. Pour permettre de s'en sortir un peu plus lors d'une lutte acharnée, les développeurs ont intégrés un système de lock bien pratique et permettant un court ralentissement du temps. Pourtant, ce système montre quelques faiblesses, notamment lorsque l'on désire sélectionner une cible en particulier au milieu d'un chaos indescriptible. Quelques gugusses sans intérêt montreront donc leurs trombines dans le viseur avant que l'on atteigne l'objet de nos désirs.


Image du lock en action


Chaos Theory



Si le système de lock est pris en défaut, c'est surtout dû à l'ampleur et à la fureur de certaines scènes d'action. Le jeu est par endroit extrêmement brouillon, à un tel point qu'il devient rapidement difficile de distinguer quoi que ce soit au milieu de la fumée, des explosions et des assaillants qui déboulent de toutes part. Même si mettre à disposition du joueur une vision infrarouge est une idée charitable, personne normalement constitué ne songe à s'en servir lorsque cinq hélicoptères, trois chars et une bonne trentaine de fantassins vous canardent avec des explosifs. On se retrouve plongé en enfance, à faire des pâtés de sable, entrain de valdinguer et de manger le bitume, pour finalement être contraint par la force des choses à fuir.


"Je te dis que l'avenue est bouchée !!"


Le reflet d'un autre défaut du titre: une difficulté mal dosée. Si la plupart des missions ne donnent pas vraiment de fil à retordre, en tout cas dans ce mode de difficulté, certaines perforent littéralement le fluor au point où l'on se demande comment on a pu sortir vivant de cet enfer. Et si vous tombez sur un boss qui ne veut pas mourir et finit par vous envoyer ad padre, vous pourrez lire les conseils de Radical pour en venir à bout. Certains de ces conseils sont par exemples très instructif. Des militaires un peu trop collant? Pas de problème, direction la première zone infecté venue pour donner un peu de viande fraiche à ces zombies en mal d'amour. Les endroits contrôlés par les militaires ou sujet à une pandémie galopantes sont par ailleurs indiqués sur la carte. Le bleu pour les bidasses, le rouge pour le virus. Le ciel et la ville se teindront en cramoisi si vous survolez un espace où les infectés règnent en maître, avec son cortège de fumée et charognards en tout genre.


Illustration de la modification graphique selon l'occupant





Mais...




Il y a quelque chose qui n'a pas vraiment pu être placé jusqu'à présent dans cet article. Et si je décide de conclure avec ceci, c'est tout simplement parce que c'est directement liée à ma propre subjectivité. Malgré les défauts, les imparfaits et les problèmes énoncées plus haut, Prototype est un jeu extrêmement plaisant à jouer, soutenu par un gameplay jouissif. A vrai dire, il y a longtemps que l'on ne nous à pas permis de manipuler un super-héros de cette trempe. Alex communique sa toute-puissance sans concession et procure au joueur des sensations que peut de titres peuvent revendiquer. Une euphorie lorsque l'action se déchaine, une extase à chaque gerbe de sang répandue. des sensations sublimé par une bande originale péchue et collant parfait à l'ambiance. D'où la question existentielle: Le plaisir du jeu est-il supérieur à quelques problèmes mineurs?




Verdict



Une ambiance immersive
Un environnement ouvert cohérent et évolutif
Un level design de qualité
Un gameplay efficace
Un scénario consistant

Graphismes d'un autre temps
Des bugs de collision, des ratés d'IA
Du cafouillage dans les scènes d'action les plus musclées
Une difficulté en dent de scie
Une interface, des menus désuets


Prototype est l'un des jeux qui aura marqué, même légèrement, la génération actuelle de console par sa fraicheur et sa rage. Radical Entertainment signe un upgrade de qualité en s'inspirant fortement de leur dernière production tout en corrigeant certains des défauts. Pourtant, des problèmes persistants et une réalisation plus que moyenne ne fait pas de ce titre le hit tant attendu. Néanmoins, si l'on désire passer un excellent moment et se prendre pour Dieu l'espace d'une partie, retrouvez des sensations pures autre qu'en descendant une brique de lait, Prototype se fera un plaisir de prendre place dans votre ludothèque! Et cela, messieurs-dames, ça n'a pas de prix! (enfin si, quand même)
D4RKToris, Wednesday, 24/06/09 23:00
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comments (11)
 
 
Super test, excellemment mené, j'attends le jeu avec impatience =)
Il est déjà sorti flo, t'a du le lire en entier le test :p
Ouai mais je l'ai commandé via Amazon et il part au plus tard vendredi. Cool ma life, hein ? =)
Je vous dirait ce que je pense.
Test relativement complet, bien ficellé d'un bout à l'autre avec une mise en page original. Excellent boulot =)
Sympa le test Dark, bien joué !
Magnifique test !
Je ne sais pas qui est ce sombre Toris mais il a assuré !
Perfect Toris ! Je vais te compléter concernant les éloges du jeu avec quelque chose de rapide : Ce jeu est tout simplement une bombe ! De l'action ! Des pouvoirs de dingue ! Une liberté GTA-Likiste en tout genre, enfin bref si vous hésitez, arrêtez ! Achetez !

Va pour un Prototype 2.^^
Test super complet, il manque juste une petite démo de votre part. =D
mon petit darktoris ca c du test... Chapeaux bas l'artiste!!!
1 edits
Super test, merci !

Vivement que je l'aie :)
ça c'est du test ou je ne m'y connais pas !

Il a l'air vraiment pas mal le jeu :)
 
 
 
 
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